"Non, nous on n’a pas eu de problème quand on s'est installés. Bon, c'est vrai, il y eu les visites d'appartements... ici, la propreté, c'est, comment dire, "c'est pas leur fort"... enfin, je veux pas tomber dans le cliché mais ça sent quand même la "torrrrtilla" (elle roule le r un peu trop fort) à tous les étages, dans certains immeubles. Bref, heureusement qu'à Paris la boîte m'a trouvé un grand appart', c'est un peu l'avantage d'être expat'.
Nous on avait déjà "fait le pays", on connaît bien Marbella et la côte basque, côté français surtout. Mais si, toi, tu connais pas, il faut que tu sois prête à affronter des trucs dingues, ici. Par exemple, ne sois pas étonnée si les gens te touchent quand ils te parlent, ils te font toujours la bise en te collant leur fond de teint ou leurs poils de barbe sur la joue. D'ailleurs, ils te parlent toujours d'un peu trop près. Mais attention. C'est pas pour ça que les gens sont proches de toi, hein... Non, les locaux, ils sont très, très renfermés malgré les apparences -sur le ton de la confidence-: ils sont "très famille". Et ça, c'est pénible parce que le week-end, ils vont souvent déjeuner chez leurs parents. Dingue.
Non, nous, finalement, on est très bien ici, on profite bien. T'as vu le prix des restos ? ça, ça remonte le moral quand ça va pas. Nous, par exemple, tous les mardis, on se fait un dîner au petit restaurant du coin. T'en as pour trois-francs-six-sous, et tu te dis "ici, ils ont pas encore compris le terme de marge commerciale, et c'est tant mieux" (elle sourit, satisfaite). C'est vrai, on n'est pas si loin de la France mais on se sent vraiment loin de "chez soi", parfois. Je te parle en termes culturels.
Ouais, franchement, ici, on a parfois besoin de se retrouver avec des gens comme nous... Ah, oui! A ce propos, je te conseille fortement de t'inscrire au centre des expatriés français (son visage s'illumine). C'est l'occasion de manger et de boire (à l'oeil) au cocktail. Et puis tu rencontres pas mal de gens de "notre milieu" et, comme ça, tu partages ton expérience du "pays". Sinon, on fait souvent des dîners entre nous ou des virées. En bateau. Parce qu'on s'est payé un bateau, nous. On l'a fait convoyer depuis la Bretagne pour pas cher. Si ça te dit, on t'appellera. En général, on va jusqu'à Sitges et on pique-nique avec les enfants. Au soleil. Après, on leur achète des glaces à 1,30 euro dans un "chirrrrringuito" qu'on connaît bien. Tu vois, c'est vraiment la belle vie, ici: rien n'est cher, on peut profiter."
Paloma
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Très drôle. Merci
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