Le but de ce blog est simple : réunir suffisamment de textes de 400 mots pour présenter un projet séduisant à un éditeur.

Il consistera en une compilation des meilleurs textes publiés, sélectionnés par un vote sur ce blog.

Une idée : publier un texte de 400 mots (10% de marge autorisés) sur n'importe quoi. Une histoire, une recette de cuisine, un lieu, un personnage, un phénomène, une blague, un dialogue, un argumentaire, une scène, un souvenir ou un rêve... le tout étant de rester attractif pour un lecteur.

Envoyez votre texte à novatxer@gmail.com!

Vous pouvez aussi vous abonner à ce blog et devenir écrivain de novatxer!

vendredi 30 janvier 2009

Que ma joie demeure

Je m’appelle Delphine. J’ai 35 ans. Je vis avec Hippolyte depuis dix ans maintenant. Le début de notre histoire a été assez mouvementé. Une passion dévastatrice. Ça aurait pu finir en mauvaise tragédie grecque. J’adore la Grèce. C’est là que nous nous sommes connues avec Hippo, un été à Mykonos.
Nous allions fêtées nos un an et j’ai pété un plomb : j’ai fait une tentative de suicide. Les hauts et les bas de la relation me fatiguaient trop nerveusement et je n’avais pas résolu certains problèmes qui remontaient à mon enfance. Je ne gérais plus mes émotions, très certainement depuis le début de la relation. Ça a été le bas de trop pour moi. Quand je me suis réveillée à l’hôpital, Hippo était là. Elle est restée à mes côtés. J’ai su alors à quel point elle m’aimait. J’ai pris la décision d’être hospitalisée puis de suivre une thérapie.

J’ai rapidement rebondi, en quelques mois. Les médecins parlaient de progrès fulgurants. Mes amis, ma famille, même mes collègues m’ont entourée. Hippo était toujours là, malgré les mois que j’ai passé en étant détachée de tout, malgré la dépression, malgré le manque de libido. J’ai pris conscience de ce que j’avais risqué de perdre. Pas seulement la vie, mais le plus bel amour qu’il me fut donner sur terre. J’ai fini par trouver la paix et j’ai repris foi en la vie.
Lorsque la loi sur le mariage homosexuel est passée en France, nous avons décidé de nous marier. C’était le cours naturel des choses. Nous avons construit notre bonheur petit à petit. Nous avons deux enfants. Chiara a cinq ans et Ulysse trois. Pendant que je vous parle, Hippo les a amenés au parc pique-niquer. Chiara doit être en train de faire tourner sa robe que sa grand-mère lui a offerte pour son anniversaire. Et Ulysse, qui est coquin, adore jouer avec les cerises. Généralement, toute la famille finit par avoir sa paire de boucles aux oreilles. Mon bonheur, aujourd’hui c’est eux.

Si je vous parle de ça aujourd’hui, c’est pour vous dire que le suicide n’est pas la solution et que la vie vous réserve des surprises que vous ne pouvez imaginer. Personne ne mérite que vous vous suicidiez pour lui. Si vous vous sentez partir, appelez les urgences psychiatriques, appelez un ami, appelez moi.

Simone Ulrich (S.U)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire